Dans cet entretien exclusif, Thomas Vergnaud, journaliste spécialisé en littérature, rencontre Elena Rostova, une traductologue expérimentée basée à Genève. Avec ses 18 années d’expérience, elle est une référence en matière de bilinguisme littéraire et d’autotraduction, en particulier dans l’œuvre de Vladimir Nabokov. Ensemble, ils explorent la complexité de l’autotraduction de Nabokov, ses choix linguistiques, et l’héritage qu’il laisse dans le monde littéraire.
À retenir : Nabokov reste l’un des rares grands écrivains à avoir traduit sa propre œuvre d’une langue à l’autre — russe, anglais, français — brouillant durablement la frontière entre auteur et traducteur.
Les œuvres russes de la période Sirine et leurs traductions anglaises ultérieures se résument ainsi :
| Œuvre originale (russe, sous le pseudonyme Sirine) | Traduction anglaise | Particularité |
|---|---|---|
| La Défense Loujine | The Defense | Réécriture de passages entiers par Nabokov lui-même |
| Lolita (écrite en anglais, puis retraduite) | — | Retraduite en russe par Nabokov dans les années 1960 |
| L’Invitation au supplice | Invitation to a Beheading | Roman de la période berlinoise et parisienne |
Nabokov, trajectoire d’un écrivain entre trois langues
Thomas Vergnaud : Elena, pouvez-vous nous parler de la trajectoire linguistique de Vladimir Nabokov et comment elle a influencé son œuvre ?
Elena Rostova : Bien sûr, Thomas. Nabokov est né en Russie, mais il a quitté le pays en 1919 après la Révolution russe, ce qui l’a amené à vivre dans plusieurs pays européens avant de s’établir aux États-Unis. Il parlait couramment le russe, l’anglais et le français. C’est fascinant de voir que cette compétence multilingue a imprégné son écriture et ses traductions. En fait, Nabokov lui-même disait que chaque langue lui offrait une perspective différente sur le monde, ce qui enrichissait sa créativité. Cette trajectoire linguistique complexe a fait de lui un écrivain unique, capable de naviguer entre les cultures avec une aisance remarquable. De plus, notre entretien sur la traduction de Dostoïevski montre que l’influence des langues multiples sur un écrivain peut être un atout créatif majeur.
Nabokov a également été influencé par l’environnement culturel dans lequel il a grandi. Son père, un homme politique et avocat, était également un écrivain et traducteur, ce qui a probablement éveillé l’intérêt de Nabokov pour la langue et la littérature. Cette immersion précoce dans un milieu multilingue et littéraire a sans doute forgé sa capacité à jongler avec les mots et les significations dans plusieurs langues. Lorsque l’on considère son œuvre, il est clair que son parcours personnel et linguistique a joué un rôle primordial dans la formation de son style littéraire distinctif. Par exemple, son roman “Pnin” est un reflet poignant de l’expérience de l’immigrant, influencé par sa propre vie passée entre différentes cultures. Nabokov a souvent exprimé que son esprit était une “tour de Babel”, où les langues se mêlaient pour créer un univers littéraire unique. Cette richesse linguistique lui a permis de capturer des nuances culturelles qui échappent souvent aux écrivains monolingues.
Écrire en russe, se traduire en anglais : un cas unique
Thomas Vergnaud : Comment Nabokov a-t-il abordé l’autotraduction de ses œuvres du russe à l’anglais ?
Elena Rostova : Nabokov avait une approche très personnelle de l’autotraduction. Il considérait que chaque langue avait sa propre musique et son propre rythme, et il voulait préserver cela dans ses traductions. Prenons un exemple précis de “La Défense Loujine”, qu’il a traduit en anglais. Il a souvent réécrit des passages entiers pour capturer l’essence de l’œuvre originale tout en l’adaptant à la sensibilité anglophone. C’était un exercice délicat qui nécessitait une compréhension profonde des deux cultures. Nabokov a souvent décrit ce travail comme une forme d’art en soi, où il cherchait à ne pas trahir son intention artistique originale. Cette méthode est d’ailleurs étudiée dans les difficultés de la traduction littéraire russe, qui souligne les défis rencontrés par les traducteurs.
Pour Nabokov, chaque traduction était l’occasion de réinventer son œuvre et de l’améliorer, selon ses propres mots. Cela pouvait parfois mener à des versions sensiblement différentes de l’œuvre originale, ce qui a fait l’objet de nombreuses discussions parmi les critiques littéraires. Par exemple, dans sa traduction anglaise de “Lolita”, il n’a pas hésité à modifier des éléments pour mieux s’adapter aux attentes d’un public anglophone. Cette démarche montre à quel point il était attaché à l’idée que la traduction ne se limitait pas à une simple transposition linguistique, mais constituait un acte de recréation artistique. En outre, ses traductions sont souvent comparées à des œuvres originales, démontrant leur valeur artistique intrinsèque. Nabokov a illustré comment le processus de traduction peut être aussi créatif que l’écriture elle-même. Il a réussi à transformer le défi de l’autotraduction en un avantage, enrichissant son œuvre de nouvelles perspectives.
Lolita et ses propres traductions vers le russe

Thomas Vergnaud : Parlez-nous de la traduction de “Lolita” en russe par Nabokov. Quelles étaient les particularités de ce processus ?
Elena Rostova : La traduction de “Lolita” en russe est un exemple parfait de l’ingéniosité de Nabokov. Il a entrepris cette tâche dans les années 1960, et c’était pour lui plus qu’une simple traduction — c’était une réappropriation culturelle. Il a dû naviguer dans les nuances de la langue russe pour rendre justice à la complexité du texte original. Par exemple, il a utilisé des jeux de mots et des références culturelles qui étaient compréhensibles pour les lecteurs russes, tout en conservant l’esprit provocateur du texte. C’est un travail qui a nécessité une précision et une intuition incroyables, et qui montre combien Nabokov était attaché à ses racines. En traduisant “Lolita”, il a aussi dû faire face à la censure et aux critiques culturelles, car le livre abordait des thèmes controversés pour l’époque.
La traduction de “Lolita” a également permis à Nabokov de réexaminer les thèmes de son œuvre sous un angle russe. En effet, dans sa version russe, il a pu jouer plus librement avec les nuances de sa langue maternelle, enrichissant ainsi le texte de nouvelles couches de significations. Cela montre à quel point la traduction peut être un processus d’enrichissement mutuel entre l’original et sa version traduite. Nabokov a su exploiter cette opportunité pour renforcer l’impact émotionnel de son récit auprès d’un public russe, tout en préservant l’intégrité de son intention artistique. Cette capacité à transformer et adapter ses propres créations est un témoignage de son génie littéraire. Sa maîtrise des deux langues lui a permis de jongler avec les subtilités culturelles, offrant ainsi une expérience unique à ses lecteurs. Ce processus a également souligné l’importance de comprendre le contexte culturel des lecteurs pour réussir une traduction littéraire. Il est intéressant de noter que Nabokov a souvent abordé ses traductions comme des œuvres nouvelles, une façon de redécouvrir ses propres écrits sous un jour différent.
Le problème de l’autotraduction : trahison ou réappropriation
Thomas Vergnaud : L’autotraduction est souvent débattue. Est-ce une trahison de l’œuvre originale ou une forme de réappropriation ?
Elena Rostova : C’est une question complexe, Thomas. Dans le cas de Nabokov, je dirais que c’est une réappropriation. Nabokov considérait ses traductions comme des œuvres à part entière, où il pouvait jouer avec les attentes des lecteurs et les codes culturels. Par exemple, dans ses traductions, il n’hésitait pas à modifier des éléments pour les rendre plus pertinents ou plus percutants pour un nouveau public. Cependant, cela peut aussi être perçu comme une trahison par ceux qui pensent que l’œuvre originale doit rester inchangée. Nabokov avait une vision très claire de ce qu’il voulait accomplir avec ses traductions, ce qui montre à quel point il maîtrisait les subtilités de la traduction littéraire. Pour ceux qui s’intéressent à la manière dont les œuvres russes sont traduites et réinterprétées, le guide de la traduction littéraire russe-français offre un aperçu précieux des méthodes et des défis rencontrés.
Cette démarche de réappropriation par la traduction peut être comparée à d’autres formes artistiques, comme la réédition musicale ou la reprise cinématographique, où l’artiste modifie un travail antérieur pour lui donner une nouvelle vie. Pour Nabokov, la traduction était une extension de son art, un moyen de revisiter ses propres créations et d’explorer de nouvelles dimensions. Cette approche a été fondamentale dans sa carrière et a permis à ses œuvres de traverser les frontières linguistiques et culturelles tout en préservant leur essence. C’est aussi un exemple de la manière dont la traduction peut être utilisée pour dialoguer avec différentes audiences à travers le monde. En outre, cette pratique ouvre le débat sur l’importance de l’auteur dans le processus de traduction, questionnant la notion même d’originalité. Nabokov a montré que la traduction pouvait être un acte de création aussi riche que l’écriture originale. Cela souligne également l’importance de la flexibilité et de l’innovation dans le domaine de la traduction littéraire, où chaque projet présente des défis uniques.
Les traducteurs français face à Nabokov
Thomas Vergnaud : Quelle a été la réception des traductions françaises des œuvres de Nabokov ?
Elena Rostova : Les traducteurs français ont souvent trouvé le travail de Nabokov à la fois enrichissant et difficile. Son style complexe, rempli de jeux de mots et de références culturelles, posait des défis spécifiques. Pour les traducteurs, il fallait souvent choisir entre la fidélité au texte original et l’adaptation à la culture française. C’est là que notre guide peut être une ressource précieuse. Par exemple, la traduction de “Lolita” a demandé une attention particulière aux nuances linguistiques et aux connotations culturelles pour que le texte conserve son impact émotionnel et intellectuel. Les traducteurs ont également dû trouver des équivalents culturels pertinents pour des notions spécifiques au contexte russe, un défi qui exige une adaptation créative.
Le choix des mots et des expressions est crucial pour rendre justice à l’œuvre de Nabokov en français. Les traducteurs doivent non seulement maîtriser les subtilités linguistiques, mais aussi comprendre la sensibilité culturelle des deux publics. Cela implique souvent un processus d’essais et d’erreurs, où chaque décision linguistique est pesée avec soin pour préserver l’esprit de l’œuvre originale. Les traducteurs doivent également être conscients des différences stylistiques entre les langues, ce qui peut affecter la manière dont l’œuvre est perçue par un nouveau public. Cette démarche reflète l’engagement des traducteurs à honorer l’intention artistique de Nabokov tout en rendant ses œuvres accessibles et appréciables pour les lecteurs francophones. En outre, ces efforts permettent de créer des ponts culturels entre les littératures, favorisant une meilleure compréhension mutuelle entre les cultures. Les traductions françaises de Nabokov continuent d’éveiller l’intérêt et d’inspirer des discussions sur l’art de la traduction. Cela montre aussi l’importance d’une approche nuancée et sensible dans le processus de traduction, où chaque détail compte pour préserver l’intégrité de l’œuvre originale.
Nabokov et l’émigration littéraire russe
Thomas Vergnaud : Comment Nabokov s’inscrit-il dans le contexte plus large de la littérature de l’émigration russe ?
Elena Rostova : Nabokov est une figure centrale de la littérature de l’émigration russe. Son départ de Russie et son intégration dans d’autres cultures ont profondément influencé son écriture. Comme beaucoup d’écrivains émigrés, il utilisait la langue comme un moyen de reconnecter avec ses racines tout en explorant de nouveaux horizons. Son œuvre est un témoignage des tensions et des richesses de l’expérience diasporique, ce qui lui permet de réfléchir sur des thèmes universels comme l’exil et l’identité. Nabokov a non seulement contribué à la littérature russe, mais il a aussi enrichi le patrimoine littéraire mondial, ce qui est un accomplissement remarquable pour un écrivain émigré.
En examinant l’œuvre de Nabokov, on constate que son émigration a été une source d’inspiration constante. Ses écrits reflètent souvent un sentiment de nostalgie et de perte, mais aussi une curiosité insatiable pour les nouvelles cultures et langues qu’il a rencontrées. Cela se manifeste dans la manière dont il mélange les éléments de sa culture d’origine avec ceux de sa culture d’adoption, créant ainsi un style littéraire hybride qui lui est propre. Ce processus d’intégration et de réinvention culturelle est un thème récurrent dans la littérature de l’émigration russe, et Nabokov en est l’un des exemples les plus éloquents et influents. L’étude de ses œuvres permet de mieux comprendre les dynamiques de l’identité culturelle dans un contexte de migration et d’adaptation. Par ailleurs, cette exploration de l’identité multiculturelle a inspiré de nombreux autres écrivains, renforçant ainsi l’importance de la diversité linguistique dans la littérature contemporaine. Nabokov a également influencé des générations d’écrivains qui explorent les thèmes de l’exil et de l’appartenance dans un monde de plus en plus globalisé. Ce parcours littéraire complexe illustre comment l’expérience de l’exil peut enrichir la créativité et offrir des perspectives nouvelles sur la condition humaine.
L’influence de Nabokov sur les écrivains bilingues contemporains

Thomas Vergnaud : Quelle est l’empreinte de Nabokov sur les écrivains bilingues contemporains ?
Elena Rostova : L’héritage de Nabokov est très présent parmi les écrivains bilingues d’aujourd’hui. Son œuvre a montré qu’il était possible d’écrire avec une authenticité et une profondeur égales dans plusieurs langues. Cela a inspiré des écrivains comme Jhumpa Lahiri et Yiyun Li, qui explorent eux aussi des thèmes d’identité et d’appartenance à travers plusieurs langues. Nabokov a prouvé que la maîtrise de plusieurs langues pouvait être un atout créatif plutôt qu’une barrière. Son approche a ouvert la voie à une littérature plus globale et inclusive, où les frontières linguistiques sont de moins en moins marquées. Un exemple récent est l’auteur Junot Diaz, qui navigue entre l’anglais et l’espagnol pour capturer les nuances de l’expérience immigrante.
Les écrivains contemporains qui suivent les traces de Nabokov se retrouvent souvent à jongler avec des identités culturelles multiples, ce qui enrichit leurs récits et leur permet de toucher un public diversifié. Cette capacité à exprimer des expériences complexes et variées à travers plusieurs langues est un héritage direct de Nabokov, qui a démontré que le multilinguisme pouvait être utilisé pour approfondir l’exploration des thèmes littéraires. En outre, cette approche a permis à de nombreux auteurs de transcender les limitations culturelles et de développer une voix littéraire unique qui résonne avec des lecteurs du monde entier. L’héritage de Nabokov continue d’influencer la manière dont les écrivains abordent les thèmes de l’identité et de la diversité culturelle dans leurs œuvres. Son impact est visible dans la montée d’une littérature mondiale qui valorise les perspectives culturelles variées et qui encourage un dialogue interculturel riche et dynamique. Cette influence a contribué à élargir la portée de la littérature bilingue et à enrichir le paysage littéraire mondial. La capacité de Nabokov à intégrer des éléments de différentes cultures dans ses écrits a ouvert la voie à une littérature plus inclusive et multiculturelle, qui continue d’enrichir le panorama littéraire d’aujourd’hui. Cette filiation bilingue prolonge d’ailleurs une tradition bien plus large : notre panorama des grands traducteurs du russe en français retrace comment d’autres figures ont, à leur manière, négocié cette même tension entre deux langues.
Nabokov et le Prix de la Russophonie : un héritage discret
Thomas Vergnaud : Nabokov a-t-il influencé des prix littéraires comme le Prix de la Russophonie ?
Elena Rostova : Indirectement, oui. Bien que Nabokov lui-même n’ait pas été un récipiendaire, son œuvre a contribué à façonner la perception de la littérature russe en Occident. Le Prix de la Russophonie célèbre les auteurs et traducteurs qui enrichissent la culture russe en diaspora. Nabokov, par sa maîtrise des langues et son style unique, fait partie de cet héritage. Il a montré que la littérature russe pouvait s’épanouir hors de ses frontières traditionnelles, rendant hommage à ses racines tout en s’adaptant à de nouvelles audiences. C’est un héritage discret mais puissant qui continue d’influencer le monde littéraire. Son impact se manifeste aussi dans la reconnaissance croissante de la culture russe en diaspora à Paris.
Le Prix de la Russophonie, en honorant ceux qui perpétuent cette tradition, est un témoignage de l’influence durable de Nabokov. Il a pavé la voie pour que la littérature russe soit reconnue et célébrée à l’international, tout en encourageant les écrivains et traducteurs à explorer et à intégrer des influences culturelles variées. Cette reconnaissance internationale est cruciale pour le maintien et l’évolution de la littérature russe, contribuant à sa vitalité et à sa pertinence dans le contexte littéraire mondial contemporain. Les efforts pour préserver et promouvoir cette littérature sont essentiels pour garantir sa diversité et son dynamisme. En effet, le patrimoine littéraire russe est une composante essentielle de la culture mondiale, et les initiatives comme le Prix de la Russophonie en assurent la pérennité. Nabokov a ainsi laissé un héritage qui transcende les générations, inspirant de nouvelles voix littéraires à travers le monde.
5 questions rapides — vrai/faux
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Thomas Vergnaud : Nabokov a toujours préféré écrire en anglais.
Elena Rostova : Faux. Bien qu’il ait écrit plusieurs de ses œuvres majeures en anglais, il était également très attaché au russe, la langue de ses premières œuvres. -
Thomas Vergnaud : L’autotraduction est un phénomène courant.
Elena Rostova : Faux. C’est assez rare. Peu d’écrivains se traduisent eux-mêmes, car cela requiert une maîtrise parfaite de plusieurs langues. -
Thomas Vergnaud : “Lolita” a été un succès immédiat en Russie.
Elena Rostova: Faux. La réception initiale a été mitigée, et il a fallu du temps pour que le livre trouve sa place en Russie. -
Thomas Vergnaud : Nabokov a influencé la traduction littéraire contemporaine.
Elena Rostova : Vrai. Ses méthodes ont inspiré de nombreux traducteurs et écrivains à explorer de nouvelles façons de traduire et d’écrire. -
Thomas Vergnaud : Nabokov a contribué à la création du Prix de la Russophonie.
Elena Rostova : Faux. Il n’a pas directement contribué au prix, mais son influence sur la littérature russe en diaspora est indéniable.
Vos conseils finaux…
- Étudiez plusieurs langues pour enrichir votre perspective littéraire et culturelle. Comme Nabokov, cela peut ouvrir de nouvelles dimensions créatives.
- N’ayez pas peur de vous réapproprier vos propres œuvres lors de traductions. Chaque langue offre une nouvelle voix pour raconter votre histoire.
- Explorez l’héritage littéraire de votre culture, mais n’hésitez pas à dépasser ses frontières pour atteindre un public plus large.
En conclusion, l’influence de Nabokov sur la littérature multilingue et l’autotraduction reste une source d’inspiration pour de nombreux écrivains contemporains. Sa capacité à naviguer entre les langues et les cultures continue de fasciner et d’ouvrir de nouvelles voies dans le monde littéraire. Ce même souci de fidélité et de recréation traverse aussi le guide de la traduction littéraire russe-français, qui prolonge cette réflexion au-delà du cas singulier de Nabokov. Pour en savoir plus sur l’impact de la culture russe en diaspora, consultez la culture russe en diaspora à Paris et le patrimoine littéraire russe.
Point clé : Loin d’être une simple curiosité biographique, l’autotraduction nabokovienne a ouvert une voie suivie par des écrivains bilingues contemporains comme Jhumpa Lahiri ou Yiyun Li, qui explorent eux aussi l’identité à travers plusieurs langues.