Le Prix de la Russophonie est né d’une évidence : en France, personne ne récompensait spécifiquement les traducteurs du russe. Or ces traducteurs — deux ou trois dizaines de praticiens, pour la plupart formés à l’École nationale supérieure ou dans les filières universitaires de slavistique — consacrent parfois des années à un seul texte, travaillant dans une relative invisibilité, nommés en corps 8 au bas du rabat. Le prix, créé en 2006 à l’initiative de l’association France-Oural et de la Fondation Boris Eltsine, a changé cela.
Dix-huit éditions plus tard, le palmarès du Prix de la Russophonie constitue une bibliothèque parallèle — l’autre histoire de la littérature russe en France, vue non par les auteurs mais par leurs passeurs.
Le Prix de la Russophonie : présentation et histoire
La première cérémonie a lieu en mars 2007, au Salon du livre de Paris. Jean-Baptiste Godon reçoit le premier Prix de la Russophonie pour sa traduction d’Au Diable Vauvert d’Evgueni Zamiatine — texte satirique longtemps tenu à l’écart des catalogues français, écrit par le père du roman dystopique soviétique. La remise se tient à la Librairie du Globe, rue de la Bûcherie, qui deviendra la maison du prix.
Le jury est composé de traducteurs chevronnés et de spécialistes de la littérature russe. Sa règle d’or : des traducteurs jugent des traducteurs. Personne mieux qu’un passeur ne sait apprécier l’invisible travail d’un autre passeur — la façon dont un rythme russe devient un rythme français, dont une image intraduisible est recréée plutôt que trahie.
Le prix récompense depuis lors toutes les formes de textes traduits : roman, poésie, essai, correspondance, théâtre. La forme brève est acceptée ; les rééditions ne le sont pas, sauf s’il s’agit d’une traduction entièrement nouvelle.
Pour l’histoire complète du prix, voir notre guide complet du Prix de la Russophonie.
Palmarès 2007-2012 : les années fondatrices
Ces premières années établissent les règles du jeu, le réseau des traducteurs concernés, et la ligne éditoriale du jury — une ligne ouverte à toutes les formes et toutes les périodes de la littérature russe.
2007 — 1ère édition
- Lauréat : Jean-Baptiste Godon — Au Diable Vauvert d’Evgueni Zamiatine
- Mentions spéciales : Anne Coldefy-Faucard (Les Âmes mortes, Gogol) · Henri Abril (Incidents, Daniil Harms) · Anne Kichilov (La Veilleuse des Solovki, Boris Chiriaev) · Jacques Imbert (Les Cinq, Vladimir Jabotinsky)
La première édition donne le ton : côté auteurs traduits, une constellation allant de Gogol à Zamiatine en passant par Harms, l’avant-garde et le Goulag. Côté traducteurs, des noms qui seront très présents dans les éditions suivantes.
2008 — 2e édition
- Lauréats (ex-aequo) : Joëlle Dublanchet — Pathologies de Zakhar Prilepine (des Syrtes) et L’Année du Mensonge d’Andreï Guelassimov (Actes Sud)
- Hommage carrière : Lily Denis — Les Hauts de Moscou, Vassili Axionov (Actes Sud)
- Mentions spéciales : Luba Jurgenson (Têtes interverties, Guirchovitch, Verdier) · Nicolas Struve (Lettres de Marina Tsvetaïeva, Clémence Hiver)
Note éditoriale : Zakhar Prilepine, auteur de Pathologies récompensé en 2008, a depuis lors adopté des positions nationalistes extrêmes et pris part à la guerre en Ukraine en 2022. Cette mention dans le palmarès est un fait historique ; elle ne vaut pas recommandation de lecture.
2009 — 3e édition
- Lauréate : Hélène Châtelain — Éloge des voyages insensés de Vassili Golovanov (Verdier)
- Hommage carrière : Claude Frioux — Jessie et Morgane, Alexandre Grine (L’Harmattan)
- Mentions spéciales : Jacques Imbert (La Ravine, Essénine) · Anne Coldefy-Faucard et Jacques Catteau (Vavitch, Boris Jitkov, Calmann-Lévy) · Marie-Noëlle Pane (Voyage à Briansk, Olga Sedakova, Clémence Hiver)
Hélène Châtelain reçoit le prix pour un texte de géographie littéraire — Éloge des voyages insensés est une traversée des marges de la Russie, à la fois carnet de voyage et méditation philosophique. Verdier, l’éditeur, deviendra l’une des maisons les plus souvent représentées dans les palmarès.

2010 — 4e édition
- Lauréates (ex-aequo) :
- Sophie Benech — Conte de la Lune non éteinte de Boris Pilniak (Interférences)
- Christine Zeytounian-Beloüs — Premier rendez-vous d’Andreï Bely (Anatolia)
La 4e édition marque l’entrée en force de deux grandes traductrices du XXe siècle russe. Sophie Benech, fondatrice des éditions Interférences, consacre depuis des décennies une partie de son travail aux textes russes difficiles ou marginaux. Christine Zeytounian-Beloüs apporte au Prix une expertise sur l’avant-garde symboliste.
2011 — 5e édition
- Lauréats (ex-aequo) :
- Luba Jurgenson — Apologie de Pluchkine de Vladimir Toporov (Verdier)
- Julie Bouvard — Le Syndrome de Fritz de Dmitri Bortnikov (Noir sur Blanc)
- Mentions spéciales : Anne Victoire-Charrin et Anne Coldefy-Faucard (La Mère de Dieu dans les neiges de sang, Ereméï Aïpine, Paulsen) · Maud Mabillard (Opération betterave, Nicolas Bokov, Noir sur Blanc) · Yves Gauthier (Le Voyage de Mouri, Ilya Boyashov, Gallimard)
Luba Jurgenson, professeure à la Sorbonne et traductrice prolixe, reçoit ici sa première distinction principale. Elle sera l’une des figures les plus constantes du prix dans les années suivantes.
2012 — 6e édition
- Lauréate : Anne-Marie Tatsis-Botton — Souvenirs du futur de Sigismund Krzyzanowsky (Verdier)
- Sélection : Anne Coldefy-Faucard (La Tourmente, Sorokine) · Henri Deluy (L’Amour, la poésie, la révolution, Maïakovski) · Bernard Kreise (La Tête de mon père, Elena Botchorichvili) · André Markowicz (Le Soleil d’Alexandre, anthologie Pouchkine)
La présence d’André Markowicz en sélection rappelle que le plus célèbre retraducteur de Dostoïevski gravite dans l’orbite du prix. Anne-Marie Tatsis-Botton, lauréate, sera l’une des traductrices les plus associées à Vodolazkine — elle traduira Laurus deux ans plus tard.
Palmarès 2013-2018 : la consolidation
Les éditions 2013-2018 confirment le profil du prix : un ancrage dans la littérature russe classique et contemporaine, une attention particulière aux textes moins connus, une fidélité aux traducteurs du réseau Verdier/Actes Sud/Noir sur Blanc.
2013 — 7e édition
- Lauréate : Hélène Henri-Safier — Boris Pasternak de Dmitri Bykov (Fayard)
- Mention spéciale : Luba Jurgenson (Schubert à Kiev, Léonid Guirchovitch, Verdier)
- Sélection : Henri Abril (La Baignoire d’Archimède, anthologie de l’Obériou, Circé) · Jean-Claude Schneider (Le Bruit du temps, Mandelstam, Le Bruit du temps) · Nadine Dubourvieux, Luba Jurgenson, Véronique Lossky (Récits et essais, Tsvetaïeva, Le Seuil)
La biographie de Pasternak par Bykov — un monument de 1200 pages — est l’une des grandes entreprises de traduction de la décennie. Hélène Henri-Safier signe là l’une des traductions les plus ambitieuses récompensées par le prix.
2014 — 8e édition
- Lauréate : Françoise Lhoest — Lettres des Solovki de Pavel Florensky (L’Âge d’Homme)
- Sélection : Marina Berger (Le Style et l’époque, Guinzbourg, Infolio) · Yves Gauthier (Ciel orange, Andreï Rubanov, Ombres noires) · Luba Jurgenson (Le Livre du retour, Julius Margolin, Le Bruit du temps) · Nina Kéhayan (Portrait critique de la Russie, Dina Khapaeva, L’Aube)
Lettres des Solovki du théologien Pavel Florensky, philosophe et mathématicien fusillé en 1937, est l’un des témoignages les plus bouleversants de la spiritualité russe sous la terreur soviétique. Le prix honore ici une œuvre qui n’aurait sans doute pas eu de visibilité commerciale sans cette distinction.
2015 — 9e édition
- Lauréate : Hélène Sinany — Le Persan d’Alexander Ilichevsky (Gallimard)
- Sélection : Marianne Gourg-Antuszewicz (Le Temps des femmes, Elena Tchijova, Noir sur Blanc) · Luba Jurgenson (Camarade Kisliakov, Romanov, Héros-Limite) · Paul Lequesne (Histoires de cimetière, Akounine, Noir sur Blanc) · Raphaëlle Pache (Vongozero, Yana Vagner, Mirobole)
2016 — 10e édition (dernière avec le soutien de la Fondation Eltsine)
- Lauréate : Odile Belkeddar — L’Insigne d’argent de Korneï Tchoukovski (L’École des loisirs)
- Sélection : Anne Coldefy-Faucard (La Joie du soldat, Astafiev) · Jacques Duvernet (Minsk, cité de rêve, Artur Klinau, Signes et balises) · Jacques Michaut-Paterno (Dernières feuilles, Rozanov, des Syrtes) · Anne-Marie Tatsis-Botton (Les Quatre vies d’Arseni = Laurus de Vodolazkine, Fayard)
La présence de Laurus en sélection 2016 est emblématique : Anne-Marie Tatsis-Botton avait traduit l’œuvre majeure de Vodolazkine, et le jury l’a distinguée dans la sélection. Cette même traductrice avait reçu le prix en 2012.
2017 — 11e édition
- Lauréat : Fanchon Deligne — Le Couloir blanc : souvenirs autobiographiques, de la naissance à l’exil de Vladislav Khodassevitch (Interférences)
- Sélection : Marianne Gourg-Antuszewicz (L’Hôtel du futur, Gazdanov, Circé) · Hélène Henry (Le Voyage de Hanumân, Andreï Ivanov, Le Tripode) · Anne de Pouvourville (Un poète fusillé, Nikolaï Oleïnikov, Gallimard) · Macha Zonina (Le Pont sur la Neroch, Léonid Tsypkin, Christian Bourgois)
La présence de Léonid Tsypkin dans la sélection — via Le Pont sur la Neroch, traduit par Macha Zonina chez Christian Bourgois — est le signe que le jury veille à la circulation des œuvres méconnues. Tsypkin, mort en 1982 en ayant publié son chef-d’œuvre une seule fois dans un journal d’émigrés, est une figure de la redécouverte littéraire russe.
2018 — 12e édition
- Lauréat : Yvan Mignot — Œuvres : 1919-1922 de Velimir Khlebnikov (Verdier)
- Sélection : Yves Gauthier (L’Ours est mon maître, Pajetnov, Transbordal) · Cécile Giroldi (Je suis Tchétchène, Sadulaïev, Louison) · Jean-Christophe Peuch (Suicide, Marc Aldanov, des Syrtes) · Christine Zeytounian-Beloüs (Le Livre invisible suivi du Journal invisible, Dovlatov, La Baconnière)
Velimir Khlebnikov, fondateur du futurisme russe, est l’un des poètes les plus difficiles à traduire : sa langue est intentionnellement déstabilisante, ses néologismes sont des défis théoriques. Yvan Mignot relève le défi chez Verdier, maison fidèle à la tradition des traductions exigeantes.
Palmarès 2019-2022 : face aux crises
Les éditions 2019 à 2022 traversent deux tempêtes sans précédent : la pandémie de Covid-19 et l’invasion russe de l’Ukraine. Le prix résiste, mais avec des formats adaptés.
2019 — 13e édition
- Lauréate : Christine Zeytounian-Beloüs — L’Imparfait du temps passé de Grisha Bruskin (Nouvelles Éditions Place)
- Hommage carrière : Geneviève et José Johannet, relayés par Françoise Baqué-Louge, Jean-Paul Sémon et Anne Coldefy-Faucard — La Roue rouge d’Alexandre Soljenitsyne (Fayard)
L’hommage carrière de 2019 est exceptionnel : La Roue rouge de Soljenitsyne — fresque épique en plusieurs volumes sur la révolution russe — a mobilisé plusieurs générations de traducteurs. Cet hommage collectif reconnaît un travail de titan.
Christine Zeytounian-Beloüs, qui avait déjà reçu le prix ex-aequo en 2010, devient l’une des rares lauréates à recevoir deux fois le Prix de la Russophonie en tant que lauréate principale.
2020 — 14e édition Édition suspendue ou partiellement maintenue en raison de la pandémie de Covid-19. Le Salon du livre a été annulé. Les archives de cette édition restent fragmentaires.
2021 — 15e édition
- Lauréat : Yves Gauthier — Le Ciel était notre demeure de Mikhaïl Tarkovski (Noir sur Blanc)
Yves Gauthier, qui avait figuré plusieurs fois en sélection, reçoit enfin la distinction principale pour sa traduction d’un roman de Mikhaïl Tarkovski — fils du cinéaste Andreï Tarkovski et héritier d’une tradition de prose russe profondément ancrée dans la nature sibérienne.
2022 — 16e édition Édition marquée par l’invasion russe de l’Ukraine et le débat sur la poursuite du prix. L’association France-Oural maintient la cérémonie, en insistant sur le rôle de pont culturel de la traduction. Informations détaillées sur le ou les lauréats en cours de vérification.

Palmarès 2023-2025 : les éditions récentes
Les éditions récentes s’inscrivent dans un contexte géopolitique inédit, où la présence de la culture russe en France est à la fois contestée et plus que jamais nécessaire pour distinguer la langue et la littérature du régime.
Les données complètes sur les éditions 2023-2025 sont en cours de compilation à partir des archives publiques de France-Oural et de la presse littéraire. Les lauréats seront indiqués ici au fur et à mesure de leur confirmation.
Les archives complètes du prix permettent de filtrer le palmarès par année, par traducteur et par éditeur.
Les traducteurs primés : portraits croisés
Plusieurs noms reviennent avec une régularité remarquable dans le palmarès et les sélections du Prix de la Russophonie. Ces figures constituent le noyau dur de la traduction russe-français en France.
Sophie Benech (lauréate 2010) est l’une des figures les plus distinctives de la traduction depuis le russe. Fondatrice des éditions Interférences — maison dédiée à la littérature russe et aux textes difficiles — elle cumule les rôles d’éditrice et de traductrice. Sa carrière illustre parfaitement le modèle du traducteur-éditeur, qui sélectionne les textes qu’il voudra traduire et les publie lui-même.
Luba Jurgenson (lauréate 2011, mentions 2008, 2013, 2014, 2015) est professeure à Paris-Sorbonne et spécialiste de la littérature de l’exil et des mémoires du Goulag. Traductrice de Chalamov, de Julius Margolin, de Guirchovitch, elle apporte au prix une expertise sur les zones les moins visibles de la littérature russe — les auteurs oubliés, censurés, marginaux.
Anne-Marie Tatsis-Botton (lauréate 2012, sélection 2016) a construit une œuvre de traductrice dans la durée, avec une fidélité à certains auteurs — Krzyzanowsky, Vodolazkine — qui lui permet d’approfondir sa connaissance d’un univers littéraire particulier. Sa traduction de Laurus sous le titre Les Quatre vies d’Arseni (Fayard) a contribué à la révélation de Vodolazkine en France.
Christine Zeytounian-Beloüs (lauréate 2010 ex-aequo et 2019) est l’une des rares traducteurs à avoir reçu deux fois le prix en tant que lauréat principal. Sa connaissance de la littérature russe des XIXe et XXe siècles est encyclopédique.
Yves Gauthier (lauréat 2021, sélections 2011, 2014, 2018) représente la génération de traducteurs formés dans les années 1980-1990, passionnés par la prose russe du XXe siècle. Sa traduction de Mikhaïl Tarkovski chez Noir sur Blanc clôt une longue fidélité entre un traducteur, un éditeur et un auteur.
Pour découvrir l’ensemble des traducteurs qui ont contribué à la diffusion de la littérature russe en France, consulter notre index des traducteurs primés.
Les maisons d’édition qui comptent
Le palmarès du Prix de la Russophonie révèle la géographie de l’édition slave en France. Trois maisons dominent :
Verdier (Lagrasse) est la maison la plus souvent représentée, avec plusieurs lauréats principaux : Hélène Châtelain (2009, Golovanov), Luba Jurgenson (2011, Toporov), Anne-Marie Tatsis-Botton (2012, Krzyzanowsky), Yvan Mignot (2018, Khlebnikov). Sa ligne éditoriale, exigeante et fidèle aux textes difficiles, en fait une référence incontournable.
Noir sur Blanc est la maison qui a révélé Vodolazkine et Yakhina en France. Sa présence dans les sélections est constante, et le lauréat 2021 Yves Gauthier y publie.
Actes Sud et sa collection “Lettres russes” ont porté Oulitskaïa, Akounine et plusieurs auteurs de la génération post-soviétique. La maison est régulièrement représentée dans les sélections.
Interférences (Sophie Benech, fondatrice et traductrice) est un cas unique : une maison créée par une traductrice pour publier les textes qu’elle aime, avec une ambition éditoriale portée par la compétence linguistique.
Auteurs les plus traduits à travers les éditions
Le palmarès fait apparaître des auteurs régulièrement présents dans les sélections, qui constituent une sorte de canon de la traduction russe en France :
- Marina Tsvetaïeva — présente dans les mentions 2008 (Nicolas Struve) et 2013 (Dubourvieux/Jurgenson/Lossky)
- Léonid Guirchovitch — mentions 2008 (Jurgenson) et 2013 (Jurgenson)
- Boris Akounine — sélection 2015 (Lequesne)
- Luba Jurgenson comme traductrice — présentée dans six éditions différentes
Ces répétitions dessinent un canon : des auteurs que les traducteurs reviennent traduire, que les éditeurs souhaitent publier, que le jury valorise systématiquement.
Pourquoi ce prix est unique dans le paysage littéraire français
Le Prix de la Russophonie occupe une place que nul autre prix français ne comble. Les grands prix littéraires (Goncourt, Médicis, Renaudot) saluent les auteurs et ont tous une catégorie “étranger” — mais qui récompense le traducteur de l’étranger ? Très peu de distinctions françaises sont spécifiquement dédiées au travail de médiation linguistique.
Le choix de récompenser des traducteurs plutôt que des auteurs traduits est un acte politique au sens profond : il affirme que le passeur mérite la même reconnaissance que le créateur. Sans Sophie Benech, sans Luba Jurgenson, sans André Markowicz, la littérature russe en France serait une abstraction — des noms sur des rayons de bibliothèques. Avec eux, elle est vivante, lisible, présente.
En 2026, le prix reste ce qu’il a toujours été : un phare dans une traversée incertaine. Il rappelle que la langue russe ne se réduit pas à ses usages politiques du moment, que la traduction littéraire est un acte de résistance culturelle, et que quelques dizaines de passeurs discrets tiennent le fil entre deux civilisations.
Pour en savoir plus sur l’histoire et le fonctionnement du prix, consulter notre guide complet du Prix de la Russophonie et les portraits des grands traducteurs.
Le patrimoine littéraire russe en France que ce prix contribue à construire est l’un des plus riches d’Europe — une bibliothèque invisible mais réelle, portée par la passion de traducteurs qui ont choisi une langue difficile et rare.
Pour soutenir ce travail de diffusion, consulter notre catalogue de livres russes en français et encourager les maisons d’édition indépendantes qui font vivre la littérature russe en France. La diffusion de l’art et de la culture russes en France passe aussi par ces passeurs invisibles.